La Fédération du BTP du Var est une organisation professionnelle qui a pour but de représenter et défendre les entreprises de bâtiment et de travaux publics
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Edito

Le besoin de corps intermédiaires

Le 04 décembre 2018

Les corps intermédiaires (partis, associations, entreprises, syndicats…) jouent un rôle essentiel d’interface entre l’individu et l’Etat. Ils sont, selon la formule de Pierre Rosanvallon, les « institutions de l’interaction ».
Notre Fédération, 1ère Organisation Professionnelle représentative du BTP pour toutes les tailles d’entreprises, en fait partie. Or, à bien observer la situation à l’aune du mouvement des gilets jaunes, il apparaît que la France a besoin plus que jamais de corps intermédiaires, de syndicats forts et de partis responsables. Les colères manifestées, sans en discuter la légitimité, restent finalement peu lisibles et protéiformes.
Sur la forme, il est difficile d’évaluer l’ampleur du mouvement, premier du genre, amplifié par les réseaux sociaux et l’information continue.
Sur le fond, le thème général du pouvoir d’achat aboutit à ce que chacun se reconnaisse un peu et y vide son sac. Une fois les sacs vidés il y a du tri à faire et les revendications ne sont pas toujours aisées à distinguer.
Quelle suite à ce mouvement ? Propagation ou extinction prochaine, on ne connait pas le vrai dosage du combustible. La colère est une énergie sociale et politique mais tout comme le pétrole elle est vaine si elle n’est pas raffinée : rien n’avance au pétrole brut pas plus que la société avec le slogan contradictoire « moins de taxes et plus d’Etat ».
La raffinerie de la colère, ce sont les corps intermédiaires.
Rien ne pourra sortir de positif de ce mouvement si rien ne vient le structurer. Paradoxe puisque c’est sa spontanéité et l’absence de cadre qui séduisent ses participants. Mais sans représentant identifié, mandaté ou légitime, ce sera au mieux un épuisement éparpillé au pire la violence et l’impopularité. C’est là que des syndicats forts et des partis respectés nous manquent.
Le rendez-vous quinquennal des français avec un homme ou une femme providentiel/le, cette relation verticale et hypertrophiée annihile les partis, rend les syndicats encombrants et rend le raffinage des colères, c’est-à-dire leur transformation en énergie positive par les corps intermédiaires, inopérant.
Au lendemain du 17 novembre, le Premier ministre a prononcé cette phrase explicite : « Les syndicats, je les respecte. Mais ce que les Français demandent, ce sont des résultats ». Quel aveu ! C’est donc un fait acquis, élaborer des solutions avec des corps intermédiaires serait contre-productif. Ce courant de pensée n’en est malheureusement pas à ses débuts au sein de la classe dirigeante.
Mais attention ! A privilégier les relations directes avec le peuple, à préférer au mieux la pédagogie au pire la communication plutôt que la négociation, à se passer de la raffinerie des corps intermédiaires, c’est-à-dire du tri, de la hiérarchisation et de la rationalisation de la colère, on obtient une marée jaune de colère brute et négative. 

 

 

 


Le 04 décembre 2018